Un candidat à la fonction présidentielle a-t-il la possibilité, dans une démocratie moderne, de garder secret un passage de sa biographie ayant trait à un événement aussi important que Tchernobyl? C’est la question que nous posions dans un article précédent en essayant de faire le point sur cet épisode de la carrière du candidat néo-conservateur.

Nous faisions remarquer que les grands médias étaient bien silencieux. Depuis, Le Monde.fr a cessé de faire la carpe et confirmé la totalité des informations que nous avions reprises sur ce site. Mais sans beaucoup faire avancer l’information.

Le Monde confirme

N’allons pas nous vanter : Le Monde confirme, mais du bout des lèvres, en passant autant de temps à  » décrypter  » ce qu’il croit pouvoir qualifier de rumeur sur internet.

Voici ce qui est confirmé par Claire Ané, dans un article intitulé  » Sarkozy et Tchernobyl : la rumeur qui court le net « , du 11/04/07, dans Le Monde.fr.

Nicolas Sarkozy a bien été chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques en 1987 au ministère de l’Intérieur. Sources : le Who’s who ?, les archives du site du Ministère des Finances, les bios de l’Express, et le Bulletin de la Société générale de Presse.

Selon cette dernière source, il y serait resté de mars 1987 à mai 88. Autrement dit, l’hypothèse d’un passage éclair peut donc être écarté. Les contacts de la journaliste lui confirment que cette période correspond à une grosse activité de désinformation du gouvernement français.

D’après Michèle Rivazi, fondatrice de la CRII-rad (commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), citée par Le Monde.fr, c’est notamment la période où le gouvernement couvre totalement le Professeur Pierrre Pellerin, directeur du SCPRI (service central de protection contre les rayonnements ionisants).

Sur le rôle et la responsabilité du candidat de la droite, on n’en sait pas plus.

Quelles étaient ses fonctions exactement, et quelles positions a-t-il adoptées sur le sujet ?

Rappelons qu’à l’époque, Nicolas Sarkozy n’était pas un stagiaire de 18 ans, mais le maire de Neuilly et le vice-président du 92, âgé de 32 ans. Rappelons aussi qu’en tant que ministère en charge de la sécurité civile, le ministère de l’intérieur (à l’époque dirigé par Pasqua) est le ministère qui traite le dossier, en première ligne, et de la manière qu’on sait.

Claire Ané donne une plaisante citation de Nicolas Sarkozy lors de la convention de l’UMP sur l’écologie, le 19 Octobre 2005, à l’Assemblée nationale:

 » Il n’est pas normal dans une grande démocratie comme la nôtre, que le secret continue de régir l’action de l’administration et, à la vérité, des élus qui la dirigent. Des erreurs comme celle de l’amiante, le mystère qui entoure le trajet exact du nuage de Tchernobyl, ne sont plus acceptables « .

Le Monde décrypte

Malheureusement, Le Monde consacre beaucoup de temps à décrypter la rumeur, sans pour autant élargir l’information ou approfondir l’analyse.

Nous sommes bien obligés de souligner que cette affaire précise n’a rien d’une rumeur sur internet. Au contraire, c’est un cas assez pur d’une information émise dès avril 2006, par le collectif  » Sortir du nucléaire « , et qui, après une année entière de black-out par les médias, se trouve ainsi confirmée. Certains ont pu broder au passage. On a ainsi inventé une  » Délégation Interministérielle  » dirigée par Nicolas Sarkozy, et on lui a attribué à tort la propagande mensongère sur le nuage arrêté à la frontière. Culture critique a précisément montré le caractère erroné de ces affirmations. Mais l’information de base était bonne.

Le fait que d’autres (le mail  » qui suis-je ?) aient trouvé utile de regrouper cette information avec d’autres éléments assez discutables ne change rien. En ce qui nous concerne, nous n’avons repris aucun de ces éléments.

Alors, désolé, le problème, ce n’est pas la rumeur ou le  » buzz  » sur internet, c’est le black-out ou la censure dans les journaux.

Electeurs cherchent journalistes

Finalement, l’information est confirmée, mais dans le même état qu’en 2006, quand le collectif pose sa question.

Nous sommes bien d’accord avec Nicolas Sarkozy :

« Il n’est pas normal dans une grande démocratie comme la nôtre, que le secret continue de régir l’action de l’administration et, à la vérité, des élus qui la dirigent.  »

Est ce si difficile, dans notre pays, de faire une enquête sur un sujet aussi important ?

Journalistes français, encore un effort !

Article de Claire Ané, dans LeMonde.fr

Premier article de Culture Critique sur ce sujet

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