FiniPréfacierdeSarkozy

Nous tirons du site  » desmotsetdebats  » cette photo de l’édition italienne du livre de Nicolas Sarkozy préfacée par Gianfranco Fini.

A la suite de l’article précédent,  » L’axe de fer Fini-Sarkozy « , il nous semble opportun de revenir sur cette proximité des deux leaders de la nouvelle droite.

Depuis que cette information a été révélée par le Courrier International et largement reprise sur le web, on assiste en effet à une opération de brouillage visant à faire croire que les commentateurs, de gauche ou simplement démocrates, qui s’inquiètent de cette accointance, ne seraient que trop pressés de poser l’équation : Fini = Sarkozy = fasciste.

Or, sachant que Fini, ancien leader du MSI n’est plus fasciste, Sarkozy ne saurait l’être…

On ne saurait mieux caricaturer un débat politique. Car, si Sarkozy n’est pas d’extrême droite, il est bien le modèle reconnu et revendiqué par Fini de la nouvelle droite européenne.

Mais, avant d’aller au fond, voici un échantillon d’éloge transalpine :

 » Le témoignage de Sarkozy est devenu récit de vie et programme politique, identité et dynamique intérieure avant que publique, analyse et compréhension de soi-même, contribution originale à une grande construction collective qui implique l’évolution de la droite et de la Ve République voulue par le général de Gaulle en 1958.  »

Quels sont leurs points communs ?

1/ L’autoritarisme et l’idéologie sécuritaire

Ce thème a permis à Fini de rafler les troupes du MSI au moment où il l’a quitté et à Sarkozy d’espérer gagner celles de Le Pen.

2/ Le bellicisme

L’un et l’autre étaient partisans de la guerre en Irak, participation devenue effective dans le cas de l’Italie, cependant que Sarkozy devant la déconfiture américaine se voit obligé de revenir au bercail et rendre hommage à Chirac (sans évidemment mentionner Villepin, promoteur de la position française indépendante).

3/ L’atlantisme

Dans le cas de Sarkozy, il se teinte d’américanisme. L’un et l’autre combinent un nationalisme de façade et un ressentiment mal caché contre les  » atavismes  » et les défauts supposés de leur pays par rapport au modèle américain. Ils n’aiment pas l’Europe.

4/ L’instrumentalisation de la religion

Fini, qui est l’ennemi historique de la démocratie chrétienne, a trouvé excellente la contribution de Nicolas Sarkozy sur ce sujet : rupture avec la laïcité française et le rationalisme, reconnaissance du rôle de toutes les religions comme  » facteur d’apaisement et de régulation « .

La première préface accordée par Fini à Sarkozy était d’ailleurs celle de l’ouvrage précédent  » La république, les religions, l’espérance « .

5/ La main mise sur les médias

Fini, bien qu’ici, évidemment, le maître italien hors catégories soit Silvio Berlusconi, et Sarkozy, à travers ses liens, tissés de longue date, depuis l’époque de Neuilly Communications, avec les responsables de la presse, de l’audiovisuel et du show-business, pratiquent sans vergogne la fusion directe des pouvoirs politiques, médiatiques et financiers.

6/ La nouvelle droite

Le reste est secondaire. En matière de politique économique, les deux hommes sont des opportunistes.

Nous venons de décrire à grands traits le programme commun de ce que Fini appelle la  » nouvelle droite européenne « , des néos-conservateurs américains et de la droite sarkozyste.

Il faut souligner que l’un et l’autre ont rompu avec deux traditions auxquelles ils appartenaient et qui reposaient sur le  » ni droite ni gauche « , l’une respectable, le gaullisme, et l’autre qui ne l’est pas, le néo-fascisme.

Sarkozy depuis qu’il ambitionne d’être leader national, s’est toujours vanté de réhabiliter à la fois la droite, et le parti de droite, position étonnante pour un soit disant gaulliste.

Cette politique de la nouvelle droite a trouvé malheureusement à s’appliquer en Italie.

On se fera une idée assez précise de ses effets sur la culture en lisant le livre d’Antonio Tabucchi  » Au pas de l’oie : chronique de nos temps obscurs  »

Aux essayistes et blogueurs français qui s’offusquent de voir dénoncer cette proximité, nous avons envie de répondre : gardez vos amis italiens, nous gardons Tabucchi et Moretti.

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